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N’est-il pas temps de savoir de quoi et de qui l’on parle… Qui est le comportementaliste ? Eric Bonnefoi

 

Qui est le comportementaliste  -

Article rédigé par Eric Bonnefoi Comportementaliste canin relatiologue© exerçant en région parisienne >> Site Internet

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chien facile

 

Cette question mérite d’être éclaircie chaque jour un peu plus !

 

En effet, si de plus en plus de personnes connaissent l’existence des comportementalistes, elles n’en sont pas moins perdues quant à ce qu’il est, ce qu’il fait ,  et comment il intervient.

 

Avant tout il est nécessaire d’être honnête avec vous, l’activité du comportementaliste n’est pas reconnue par l’état.

 

Il n’existe à ce jour aucune formation qualifiante ou diplômante reconnue par l’état pour cette activité.

 

 

 

C’est une des raisons majeures des questionnements et inquiétudes des propriétaires de chiens.

 

Ces inquiétudes, bien légitimes, sont de plus activées par deux éléments qui me semblent importants :

 

  1. il y a des charlatans et des incompétents et les maîtres ont des doutes 
  2. il y a un mélange des genres et des activités qui créent aussi des doutes

 

Concernant les incompétences et les charlatans, il peut vous paraître prétentieux de ma part d’oser prétendre de telles choses.

 

Eh bien je l’assume, car c’est la vérité et cela vaut pour tous les domaines de la vie et des activités professionnelles.

 

La notre n’échappe pas à cette règle, pour autant il est possible d’essayer d’y voir plus clair.

 

L’incompétence : Ce mot n’a aucun caractère péjoratif, c’est uniquement à travers son sens sémantique que je l’utilise ici. Incompétence veut dire « n’est pas de la compétence de » et ceci n’a rien à voir avec un jugement de valeur des personnes. Je suis moi même incompétent en mécanique, en couture, en maçonnerie et ceci peut être vérifié par le premier professionnel de ces activités.

 

Cette incompétence dans le domaine de l’activité du comportementaliste se résume à une chose très simple : culture du symptôme ou encore de causalité linéaire (une cause un effet).

 

 

Qu’est-ce que ce charabia ?

 

Vous allez comprendre très vite. La culture du symptôme ou de causalité linéaire c’est partir de ce que l’on vous apporte comme éléments concrets et visibles (comportement) pour définir une solution à ce comportement.

 

Autrement dit, c’est approcher le comportement comme une pathologie et non comme un élément d’expression d’adaptation à un environnement et évocateur d’une problématique parfois complexe. 

 

Prenons l’exemple de la fièvre : si l’on soignait juste votre fièvre quand vous allez chez le médecin, vous seriez surement très inquiet ! Vous auriez raison, car la fièvre n’est qu’un symptôme, un avertisseur, un signal et même si soulager la température est confortable et parfois nécessaire, il y a fort à parier que le médecin cherchera à comprendre ce qui dans votre organisme peut conduire à cette alerte physiologique. En tous cas, il ne pourra s’arrêter à faire tomber la fièvre.

 

Le comportement c’est un peu la même chose mais en plus complexe car il n’existe pas d’analyse sanguine qui puisse décrire sa cause relationnelle ou environnementale.

 

Certes, on peut parfois l’atténuer, mais si l'on considère que ce symptôme est l’objet de nos seules préoccupations alors on se trompera presque à chaque fois. Il arrive même parfois que l’on conduise les maîtres en situation de danger. Oui, soigner la fièvre sans avoir recherché et compris son origine peut être très dangereux !

 

Voilà pourquoi sans encore une fois aucun jugement de valeur sur les personnes, il faut savoir que certains soit disant comportementalistes, par leur approche, n’en sont pas, c’est aussi simple que cela et il faut le dire.

 

Un «comportementaliste» qui s’attacherait trop aux comportements, s’inscrit dans une recherche de solution et de causalité linéaire, je considère donc qu’il na pas une approche professionnelle compétente !

 

L’autre élément qui créé le trouble c’est le mélange des genres.

 

 

Jamais le métier de comportementaliste et celui d’éducateur canin (dressage) ne seront les mêmes métiers, il faut le dire une bonne foi pour toute.

 

Ce n’est pas une nécessité corporatiste de séparer les genres mais un motif qui touche à l’essence même de l’approche.

 

L’éducateur canin intervient uniquement sur l’animal et dans une totale approche de causalité linéaire puisque la base du dressage est les stimuli-réponses.

 

En clair, à un ordre est associé en fonction de la réponse une récompense. Ceci n’a rien du tout à voir avec la recherche de l’origine d’une poussée de fièvre.

 

Le problème est la confusion des besoins par les maîtres. Par culture, habitude, méconnaissance et battage médiatique un chien qui n’obéit pas ou qui a des comportements atypiques est un chien mal dressé.

 

La culture du dressage est quelque chose de très largement répandu car elle permet d’obtenir des résultats rapides.

 

Oui c’est un fait, et pour ce qui est des apprentissages du assis, couché, debout, revient, cela fonctionne effectivement très bien.

 

Mais cela s’arrête là, car une bonne foi pour toute, il faut savoir que l’éducation canine, quelle que soit la méthode employée est du DRESSAGE. Donc dresser un chien pour qu’il exécute des consignes cela marche très bien et ceci depuis très très longtemps.

 

 

Le problème qui vous concerne est que tout n’est pas dressage et même bien au contraire.

 

Un chien qui ne revient pas, qui aboie, qui désobéit, qui fait ses besoins à l’intérieur, qui mord, qui grogne, et je pourrais allonger la liste presque à l’infini n’est pas un chien qui nécessite du dressage.

 

Un chien équilibré, stable, bien dans ses pompes et dans sa vie obéit naturellement et répond aux consignes simples presque sans lui apprendre.

 

Le problème des maîtres est rarement un problème de dressage et les éducateurs canins le savent bien !

 

Pourquoi croyez-vous qu’ils sont de plus en plus nombreux à accoler les deux termes EDUCATEUR-COMPORTEMENTALISTE ?

 

Parce qu’en semant le doute et en associant le titre de comportementaliste à celui d’éducateur, nombre d’entre eux font de l’éducation en faisant croire qu’ils font du comportementalisme.

 

Alors forcément, ils vont toucher plus de monde.

 

Je prendrais juste un exemple réel et concret d’une expérience récente : une chienne montrait des comportements d’anxiété de séparation et d’hyper-attachement.


L’intervention d’un éducateur-comportementaliste sur ce cas s’est résumée à demander au maître de donner un gâteau chien au moment ou ils partaient de leur domicile. « Le chien sera occupé quand vous partirez et comme cela il ne sera pas anxieux »…

 

Je vous laisse juger de cette approche. Bien sûr que le comportement instantané est modifié. Oui le chien en mangeant son gâteau a son attention sur le gâteau et pas sur ses maîtres qui partent, mais l'intervention est de type culture du symptôme et causalité linéaire.

 

Derrière cette proposition, aucune approche de la relation avec les maîtres et qui a fabriqué l’hyper-attachement, aucun protocole de modification de la forme de la relation, aucune prise en compte de la désensibilisation à mettre en place.

 

Pire, en donnant le gâteau au chien au moment ou les maîtres s’en vont, j’affirme que le principe d’apprentissage conduit à un non-sens pour moi évident.

 

En effet l’association, stimulus positif (gâteau) et l’émotion ressentie et vécue par le chien à cet instant du départ, revient à apprendre au chien que l’émotion qu’il vit est récompensé.

 

Je vous laisse imaginer ce que peut en faire le chien. Récompense apposée sur une émotion égale apprentissage et instrumentalisation de l’émotion et du comportement associé.

 

Voilà pourquoi, en un exemple concret et réel, vous devez comprendre que ces deux métiers sont différents et que l’approche réductrice et simpliste à travers le comportement et le symptôme ne peut être qualifiée d’une approche professionnelle telle que vous pouvez l’attendre d’un spécialiste du comportement et de la relation.

 

A chacun sa spécialité et donc son métier.

 

Un comportementaliste digne de ce nom connaît les bases des techniques d’éducation canine. De même un bon éducateur canin, et il en existe de très bon, connaît les rudiments d’une relation maître-chien harmonieuse.

 

Mais pour autant ni l’un ni l’autre n’ont vocation à mélanger les deux modes d’approche.

 

Je vais vous dire pourquoi il me paraît impossible de faire les deux en même temps. Parce qu’un comportementaliste doit s’empresser d’oublier le symptôme qu’il voit ou qu’on lui rapporte pour ne pas en être perturbé et ainsi investir dans l’observation, le questionnement des maîtres et la compréhension de ce qui forme la relation entre le maître et son chien.

 

Ceci ne peut être une approche de dressage.

 

Le dresseur ou l’éducateur, va chercher à s’accrocher au symptôme et au comportement pour le modifier par le conditionnement et le dressage. Nous sommes dans des univers de vision et des approches qui peuvent être complémentaires, oui,  mais ne seront jamais superposables.

 

Voilà, pourquoi, tout ceci est compliqué pour les maîtres que vous êtes.

 

Le comportementaliste doit avoir un parcours spécifique lui permettant cette approche particulière. La psychologie humaine et notamment celle des systèmes relationnels entre individus a une place très importante. Il doit aussi avoir été formé à ce qui est si particulier et qui nécessite temps et investissement de recherche, à savoir la relation homme-animal.

 

La relation homme-animal fait partie des domaines de l’infiniment grand ou de l’infiniment petit et en tous cas de l’infiniment invisible. Le propre de la relation est de se trouver entre les individus et entre les individus c’est l’invisible, du moins le croyons-nous !

 

En tous cas ce n’est pas le royaume des poudres de perlimpinpin, ni des outils magiques, et encore moins des charlatans qui parlent à l’oreille des chiens. C’est un univers complexe ou psychologie, éthologie, biologie, neurologie, expérience, capacité d’observation, sensibilité, empathie, sont les éléments qui fondent le cœur de l’activité du comportementaliste et lui permette d’apercevoir cet invisible.

 

C’est en ce sens que j’ai choisi de requalifier mon activité en RELATIOLOGUE© canin.

 

J’ai déposé ce terme et l’activité qui s’y attache à l’INPI car il me semble correspondre avec beaucoup moins d’ambigüité à ce qu’est mon activité.

 

Bien sur le terme de comportementaliste étant aujourd’hui connu, je ne peux m’exclure totalement de cette terminologie mais je tiens à bien montrer ainsi ce que je suis à travers ce terme exclusif.

 

En tous cas, je ne laisse planer aucun doute du fait que je n’interviendrai pas dans une famille pour faire de l’éducation ou du dressage, et je considère que c’est important pour les maîtres.

 

Pour résumer et vous simplifier la tâche, si votre chien vous pose des problèmes, je dirais qu’avant tout vous ne risquez rien à prendre contact en premier lieu avec un comportementaliste.

 

Il saura vous dire si ce dont vous lui parlerez relève de son champ d’intervention ou non. Lorsqu’on me demande de faire des séances d’éducation canine, je sais donner les coordonnées de collègues dresseurs.

 

Maintenant sachez qu’avant de faire du dressage, j’affirme que toute paire « maître-chien » devrait avoir été vu par un comportementaliste afin de vérifier si les comportements du chien et la relation nécessitent de conduire à des séances de dressage sans risques. N’oubliez pas que le comportementaliste, quels que soient les signes comportementaux du chien, cherchera à décrire l’origine de la monté la fièvre.

 

Soit elle est de son ressort et nécessite une prise en charge une investigation, soit elle est peut être abaissée par quelques séances de dressage.

 

N’oubliez jamais que dresser un chien qui ne devrait pas l’être est dangereux pour tout le monde, et ceci quelle que soit sa race ou son âge. Il vous suffit pour cela de vous référer à un accident dramatique dans l’Eure et Loire voici quelques mois qui mettait en cause un enfant et un chien dont les maîtres (parents de l’enfant) étaient « dresseurs ».

 

Le dressage peut-être parfois une aspirine prescrite sur une méningite !

 

Soyez responsable de vous-même, de vos proches, de votre chien. Il n’y a jamais de fatalité.

 

J’assume totalement les lignes de ce texte et engagent ceux qui souhaiteraient en débattre ou en discuter de manière constructive à me contacter via mon site internet www.chienfacile.fr. C’est avec plaisir et dans un souci d’évolution des connaissances des maîtres que je vous répondrais.

 

 

© Eric BONNEFOI
Chien Facile
Comportementaliste canin relatiologue©
Site Internet : www.chienfacile.fr

Reproduction interdite sans autorisation de l'auteur

 

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